Objets connectés : Le smart container

Avant-propos

Pour un container maritime, le voyage peut s’avérer périlleux entre ses points de départ et d’arrivée à destination. Tout au long de la chaîne logistique et bien entendu à bord du navire qui le transporte, différents aléas peuvent retarder son acheminement, le dérouter ou endommager sa cargaison. Dans un autre scénario catastrophe, il peut ne pas arriver à son point de livraison. Commence alors pour l’assureur, la longue et difficile recherche du point de rupture. En d’autres termes : trouver le responsable. Et que dire de l’état moral du client…

Si seulement les containers pouvaient raconter leur voyage, leurs mésaventures ou crier « je suis ici ! ». Que de temps gagné en recherches et en confrontations ! Impossible ? utopie pensez-vous ?

Je vais vous expliquer dans cet article, comment l’entrée du transport maritime dans l’ère du numérique, nous fait passer du rêve à la réalité, en faisant du container un objet connecté. Une révolution technologique dans le monde de la logistique, qui permettra désormais aux fournisseurs et leurs clients, de suivre en temps réel le cheminement et l’état de leurs containers jusqu’à destination.

 

Acheminement des containers maritimes : avant j’étais muet

Commençons par 3 nombres : 35 000 000, 41 500 et 40

. 35 000 000 est le nombre estimé de containers maritimes circulant annuellement sur les mers et les océans ;

. 41 500 tonnes de marchandises transportées par containers maritimes, seraient égarées sur la même période ;

. Et 40% des containers (toujours maritimes) arriveraient en retard à destination (cela fait quand-même 14 millions).

 

Un tracking improbable

Regardez la photo en tête de l’article et essayez d’imaginer l’incroyable ballet de navires dans tous les ports et hubs maritimes du monde. Des dizaines de milliers de « boîtes » en transit chaque jour, chargées, déchargées, stockées dans les zones portuaires, reprises, déplacées, contrôlées. Sans compter les pré ou post acheminements routiers, ferroviaires ou fluviaux. Comment ne pas échapper à un choc de manutention, un acte de vandalisme, une erreur de dispatch ?

En l’absence de suivi personnalisé, c’est-à-dire de contrôle individuel à distance de chaque container, il a toujours été très difficile de déterminer le moment et le lieu, où celui-ci aurait subi un choc, une effraction, une modification de température (pour les containers réfrigérés). Le retard est un événement « prévisible », dans la mesure où la position des navires est connue. Mais en cas d’avarie, comment savoir rapidement si son propre container a subi des dommages ? Et à l’arrivée, combien de temps s’écoule avant de localiser un container manquant ?

 

La guerre des nerfs

Les différents intervenants dans la chaîne logistique, qu’ils soient transporteurs, armateurs ou manutentionnaires, ont longtemps profité de ce vide technologique, pour se dédouaner de toute responsabilité lors des constats de dégradations. Un casse-tête total pour les compagnies d’assurances, lancées dans de longues et complexes enquêtes.

Les clients, quant à eux, pâtissent totalement de ce jeu du chat et de la souris, puisqu’en finalité les marchandises leur font défaut. Et dans la majorité des cas, ce n’est qu’au moment de l’arrivée des navires ou des containers en entrepôts, qu’ils découvrent les avaries ou les containers manquants, bien qu’annoncés sur les documents de transport. Une perte de temps considérable, sans compter les pertes financières dues aux retards générés en aval dans leurs entreprises (chaînes de montage à faire tourner, magasins à approvisionner, chantiers à mettre en œuvre, …).

 

Une innovation technologique révolutionnaire pour le monde de la Logistique maritime

L’appli qui fait du container un objet connecté, intelligent

Une jeune société marseillaise, Traxens, s’est penchée sur ces inquiétantes statistiques et y a détecté un formidable potentiel de marché en matière de tracking. Rapprochant l’innovation technologique de la logistique, ses fondateurs ont conçu une solution M2M (machine to machine), permettant de rendre un container « visible » de n’importe quel point du globe. Vous verrez dans ce chapitre que, doté de cette « intelligence artificielle », le container devient très bavard et qu’au-delà du tracking, il cache bien d’autres ressources.

Le principe : Un boîtier électronique muni de capteurs, délivre des informations en temps réel, à partir du container dans lequel il est installé. Les données sont transmises par les infrastructures de communication du navire (schéma ci-dessous), au le logiciel applicatif de Traxens. Elles sont relayées vers le data center de la compagnie maritime, via un cloud sécurisé. Les clients, quant à eux, ont accès aux informations grâce à une application mobile développée à cette intention.

 

Traxens monitoring technology explained

        Fig.1 – Schéma CMA CGM and the Traxens monitoring technology explained (site web de Traxens)

 

Tracking en temps réel et surveillance des marchandises transportées

La première fonctionnalité de cette boîte de la taille d’une grosse télécommande est la géolocalisation. Suivre en temps réel la progression de sa marchandise est, pour un client, un gage de sérénité. C’est aussi la possibilité de réagir très vite et de remettre rapidement la « boîte » sur le droit chemin, si elle s’en écarte.

La traçabilité géographique n’est pas le seul atout pour le container connecté. Le logiciel embarqué exerce une totale surveillance. Il est à même de mesurer le poids du container, d’apprécier les chocs, les vibrations qu’il pourrait subir, les ouvertures frauduleuses suite au bris des scellés. En cas d’avarie sur un navire, une consultation de l’application permet de savoir si un container a été endommagé ou pas. Et croyez-moi, les avaries sont un facteur très anxiogène, quand on est dans l’incertitude du sort de sa marchandise.

En ce qui concerne les containers réfrigérés (appelés reefers), le contrôle de température intérieure et extérieure, permet les réajustements automatiques du froid et du taux d’humidité, pour une conservation optimale des denrées périssables. L’intervention humaine n’est plus nécessaire.

 

 Sécurité logistique et productivité

Cette révolution technologique impacte très positivement l’ensemble de la chaîne logistique. La sécurité du fret s’en trouve grandement améliorée. En effet, la précision des informations permet de repérer formellement les points critiques pendant les phases d’acheminement, de manutention et de stockage, favorisant ainsi une vigilance accrue vis-à-vis des différents acteurs. Pour les denrées périssables, une meilleure maîtrise de la chaîne du froid, assure la réception de marchandises n’ayant pas subi de chocs thermiques. Nous sommes là, dans le domaine de la santé publique.

Quant à l’aspect productivité, il est indéniable au regard de la réactivité qu’engendre l’acquisition d’informations en temps réel. Le constat d’un incident permet à une entreprise d’optimiser sa gestion, en prenant des dispositions immédiates. C’est réellement plus confortable de pouvoir charger sur le prochain navire un container oublié, plutôt que de constater au bout de 35 jours de mer que celui-ci est manquant. N’êtes-vous pas d’accord ?

Un sacré gain de temps également pour les assureurs ! Finies les longues procédures et les dossiers volumineux où l’on ne trouve jamais de responsable. L’apport rapide de preuves accélère les conclusions et les indemnisations.

Il en est de même pour les formalités douanières. Un container ne rapportant pas d’anomalie de type effraction, fera l’objet d’un dédouanement rapide ; l’inspection physique n’étant plus nécessaire. Le temps gagné lors de cette étape incontournable, est tout aussi précieux pour une entreprise.

Allez, il y a peut-être de la concurrence sur le marché, mais je me permets de dire Cocorico pour notre startup française !

 

Le transport maritime entre à son tour dans l’ère numérique

L’IoT (Internet of Things) au service de la Supply Chain Transport

Si les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) font la part belle aux objets connectés ludiques et privés, au travers des médias, le monde professionnel n’est pas en reste. Le développement de nombreuses applications pour l’industrie, le commerce et les services, permettent aux entreprises de se propulser dans la course à la présence sur le marché global.

Mais à quoi sert cette présence si un des maillons de la chaîne est mal maîtrisé ? Le transport est à juste titre un maillon essentiel de la Supply Chain. Les dirigeants d’entreprises le placent désormais au cœur des stratégies, car le respect des délais de livraison est en toute logique, garant de la satisfaction et de la fidélisation des clients. D’où la nécessité d’utiliser les moyens modernes de suivi des acheminements.

Le transport terrestre a été le premier à bénéficier de développements logiciels, pour le tracking des marchandises et la transmission des données entre expéditeurs, transporteurs (les liaisons EDI) et clients destinataires. C’est un immense succès technologique et économique dont plus personne ne voudrait se priver. Avec l’intégration de boîtiers communicants dans les containers, une étape majeure est en train d’être franchie. Le transport maritime fait sa révolution numérique. Désormais, un container partant pour une destination lointaine, ne sera plus un point d’interrogation entre ses positions de départ et d’arrivée. La Supply Chain Transport arrive à un niveau de maîtrise jamais égalé auparavant. Et ce n’est qu’un début !

Pas de Smart Container sans Big Data…

Comme nous pouvons nous en douter, les containers communicants vont générer d’importantes masses d’informations, que les compagnies maritimes devront être en mesure de collecter, stocker et relayer vers les clients utilisateurs. Pour comprendre la démesure, prenons l’exemple du porte-container Bougainville, que l’armateur français CMA CGM, partenaire de Traxens sur le développement de cette technologie, vient d’équiper. Le navire peut transporter l’équivalent de 18 000 containers 20 pieds. Ses infrastructures de télécommunication doivent donc être suffisamment dimensionnées, pour transmettre instantanément une masse considérable de données, de n’importe quel point du globe.

A terre il faut également assurer… L’importante augmentation du volume de données à gérer, implique pour la compagnie maritime de s’équiper de serveurs informatiques en conséquence. Et cela afin de mettre à disposition l’information en temps réel, pour l’ensemble des clients connectés.

Eh oui… la révolution numérique, c’est aussi avoir la volonté de repenser et adapter son SI (Système d’Information).

Un pas de plus vers la transformation numérique des entreprises

Nul doute que la demande de containers communicants va croître rapidement, pour satisfaire les besoins en traçabilité, de clients toujours plus exigeants.

Connaissez-vous l’ATAWAD ? Cet acronyme propre à l’environnement informatique pourrait presque en être la devise : Anytime, Anywhere, Any device. Quel confort pour un exportateur de vérifier la progression de ses marchandises, en se connectant n’importe quand sur un pc, une tablette, un smartphone !

Je ne pense pas me tromper en prétendant que l’utilisation du petit tracker électronique, va avoir une réelle influence sur les organisations SI et métiers des entreprises. La quantité et la nature des informations numériques échangées avec les compagnies maritimes, seront l’opportunité de repenser et adapter leurs applications informatiques, optimiser certains processus métiers, du fait de la transversalité des informations. L’annonce d’une avarie par exemple, impacte à court terme la gestion des stocks, le fonctionnement d’un atelier, la préparation de commandes, le calcul des prévisionnels financiers. Autant de services concernés par les mêmes données.

A n’en pas douter, le conteneur connecté va créer la différence pour les entreprises internationales qui « l’adopteront ». Elles gagneront en réactivité et certainement en performances. C’est bien là l’objectif de la transformation numérique, qui, abordée de façon pragmatique, crée l’opportunité d’une présence plus forte et efficace sur les marchés.

 

Le container s’éveille à la vie…

Si je puis dire… Quel confort à venir ! Et quel gain de temps, au vu de ce qui a été décrit dans les chapitres précédents ! Il est et restera un moyen sûr et robuste pour le transport maritime de marchandises ; désormais, il racontera son voyage.

Bien sûr, le container connecté ne pourra pas être la réponse à toutes les problématiques de transport, mais il contribuera grandement à régler les litiges et agir en amont pour réduire les impacts des événements imprévus. L’ensemble de la Supply Chain ne peut que bénéficier d’une telle avancée technologique, car la responsabilisation de chaque acteur devrait aider à renforcer la sécurité et la prise en charge du fret. Quel bonheur alors de pouvoir donner une bonne claque aux statistiques.

Si les grosses boîtes en métal que sont les containers maritimes, n’ont jamais eu un look très sexy, elles vont devenir l’objet intelligent de toutes les attentions.

 

Chantal CHAMPELOVIER

 

Sources : Usine Digitale ; Marseille-Innovation ; Les Echos ; Europe 1

Transport International : Importer

Avant-propos

Le présent article n’a pas vocation à effrayer ni à décourager le lecteur prêt à s’engager dans des opérations d’importation. Loin de moi cette idée ! Le but est au contraire de sensibiliser l’importateur ou futur importateur que vous êtes, aux règles et recommandations du Commerce et du Transport International, liées à l’entrée de marchandises en Union Européenne (UE), en provenance de pays tiers. Et cela dans un souci de protection de votre activité.

La lecture de ces quelques lignes ne fera pas de vous des experts du domaine. Vous y découvrirez cependant quelques étapes essentielles à une importation réussie. Bonne lecture !

 

Importer n’est pas un acte anodin : Comprendre

L’intensification des flux de marchandises

Les entreprises françaises fabriquent, transforment et vendent ou revendent des produits, des équipements, composés d’éléments originaires du territoire, de l’Union Européenne ou de pays tiers. Un contexte où les flux de Transport International se multiplient de façon exponentielle.

Ce chassé-croisé au départ et à destination de presque tous les points du globe, nécessite un maximum de précautions, de suivi et de rigueur pour chaque Etat, pour la protection de son tissus économique et social.

Une affaire de sûreté… pour tous

Les événements tragiques du 11 Septembre 2001, ont mis en exergue la nécessité de protéger le commerce mondial, moteur déterminant de la prospérité économique de tous les pays. A l’instigation du gouvernement américain, l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) a mis en place à partir de 2005, un vaste programme (SAFE) dont la protection de l’ensemble de la chaîne logistique internationale est une étape. Ce cadre constitué de principes et de normes, vise à sécuriser la circulation des marchandises. Un autre aspect de ce cadre, la dématérialisation des échanges de données, permet une instantanéité dans les processus de transmission des documents d’importation et d’exportations, avec pour effet l’accélération des opérations de dédouanement lors des passages aux frontières.

Les administrations douanières : un mécanisme efficace pour protéger la chaîne logistique internationale

Aucun autre service public à l’échelle mondiale, ne dispose d’autant de pouvoir de contrôle aux frontières. Les administrations douanières membres de l’OMD, représentent 99% des échanges mondiaux. Elles sont les seules à pouvoir inspecter, accepter ou refuser les marchandises en entrée et en sortie d’un pays. Elles ont également la faculté d’exiger des renseignements par anticipation et par voie électronique (dans les limites de la législation). Ce qui leur confère une légitimité dans la mise en œuvre de la sécurité des échanges internationaux.

La douane : des missions économiques et fiscales… aussi

Vous aurez certainement réagi en lisant les paragraphes précédents, car ce qui vous titille en finalité, ce sont les droits de douanes, TVA et autres taxes spécifiques, que la douane ne manquera pas de vous réclamer au nom de l’Etat.

Cela tombe sous le sens : sa position avancée sur les frontières, fait de la douane le premier organisme désigné pour la collecte des taxes.

Les Droits de Douanes appliqués ou non sur les produits importés, dépendent de la nature et du pays de fabrication de ces derniers ; mais aussi du contexte économique international. Les droits peuvent être élevés afin de freiner certaines importations pouvant nuire à l’activité des pays importateurs. Au contraire, des droits faibles ou inexistants auront pour but de développer l’activité de pays émergents, ou seront la résultante d’accords préférentiels entre nations.

Ces points seront de nouveau abordés dans les chapitres suivants.

 

Envisager une importation à l’international

Vous souhaitez importer des biens sur le sol français et réalisez une prospection en dehors des pays de l’Union Européenne.

Anticiper pour éviter les mauvaises surprises à l’arrivée

Dès la phase de consultation, il est impératif de connaître et maîtriser l’ensemble des coûts tout au long de la chaîne logistique internationale, ainsi que les documents et certificats nécessaires à l’importation. Ceci afin d’estimer le plus fidèlement possible la valeur totale de l’importation, d’une part et d’autre part anticiper un risque de blocage des marchandises en frontière. Du produit fini mis à disposition chez votre fournisseur, jusqu’à l’arrivée dans vos propres locaux, en passant par le choix des codes douaniers, des Incoterms®, coûts de transport, et formalités douanières, certains paramètres peuvent impacter significativement la facture totale et le bon déroulement des opérations d’importation. Un oubli, une mauvaise estimation… la marge de vos projets et votre supply chain s’en trouvent immédiatement pénalisés.

Choix de l’Incoterm® : qu’êtes-vous prêt à prendre à votre charge ?

EXW, FCA, DDP, … ces quelques acronymes vous interpellent certainement et vous rappellent que vos transports internationaux sont toujours liés à l’une de ces règles d’Incoterms®.

S’ils ne sont pas obligatoires, les Incoterms® (International Commercial Terms) ont été créés pour essayer de parler le même langage en matière d’échanges de biens. Ils définissent la part d’obligations, de risque et de frais à charge du vendeur et de l’acheteur, tout au long de la chaîne logistique internationale.

En fonction de l’Incoterm® choisi, vous devrez organiser tout ou partie des étapes suivantes : enlèvement chez le fournisseur, préacheminement vers le transport principal, formalités de douane export, transport (maritime, aérien, routier, …), douane import, post-acheminement, déchargement. Vous supporterez les coûts associés et prévoirez les assurances selon les risques à couvrir. Acheter EXW, par exemple, vous engage sur l’ensemble des obligations décrites ci-dessus.

Tout dépend de ce que vous souhaitez maîtriser pendant les phases de transport et de manutention, du fait du pays exportateur et/ou du fournisseur.

Ce dernier tentera certainement de vous imposer un Incoterm® qui lui convient. Analysez les risques et les conséquences pour votre projet, votre société. N’hésitez pas à négocier et proposer un autre Incoterm, afin de trouver un compromis. Dans vos contrats, lorsque vous mentionnez les Incoterms®, n’oubliez pas d’en préciser la version ainsi que le lieu où l’Incoterm® est réputé accompli (ex : CIP port de Marseille – Incoterms® ICC 2010). C’est une protection, un argument supplémentaire en cas de litige.

Dubitatif ? Vous ne savez toujours pas quel(s) Incoterm(s)® choisir pour vos projets ? Passez donc au chapitre suivant.

Faites-vous aider, soyez bien représenté

Vous l’avez compris, importer nécessite de faire les bons choix en amont. Le monde du transport international, de la logistique et des douanes est complexe, truffé de règles et de codes. Un non initié peut très facilement s’y perdre.

N’hésitez pas à vous entourer de l’aide de spécialistes. La douane est un interlocuteur à privilégier pour toutes les questions liées aux règles d’importation. Les commissionnaires en transport ayant une bonne expérience des pays où vous souhaitez réaliser des achats, pourront être de bon conseil si vous devez réaliser du transport local avant embarquement.

En interne, vos acheteurs, vos logisticiens, peuvent être formés par des organismes ou des consultants, à la connaissance des Incoterms®, des procédures douanières, ainsi qu’à la maîtrise des coûts d’achats de transport et de logistique.

Si vous ne disposez pas de telles ressources, vous pouvez confier ces achats de prestations spécifiques à un cabinet de conseil extérieur. Il vous aidera dans vos démarches et cherchera pour vous des prestataires de transport fiables et performants, dans un souci d’optimisation de vos opérations internationales.

 

Maîtriser les 3 notions essentielles du produit à importer

Avant de franchir les frontières de l’Union Européenne pour entrer sur le sol français, chaque marchandise importée fait l’objet d’un dépôt de déclaration en douane au travers d’un Document Administratif Unique (DAU).

Trois caractéristiques fondamentales sont prises en compte pour déterminer le traitement douanier applicable à chaque produit : son espèce tarifaire, son origine, sa valeur en douane.

Si ces trois notions majeures ne sont pas maîtrisées ou volontairement erronées dans l’espoir de minimiser les droits de douanes, votre entreprise s’expose à de lourdes sanctions. Un conseil : ne jouez pas avec le feu…

L’espèce tarifaire : ne vous trompez pas

Egalement appelée code douanier, ou nomenclature douanière, ou encore position douanière. Elle fait partie du Code des Douanes Communautaire utilisé par 200 pays membres de l’OMD.

Le référentiel est accessible sur le site de la douane (https://pro.douane.gouv.fr), sous le  nom de RITA Encyclopédie (RITA pour Référentiel Intégré Tarifaire Automatisé), dans la rubrique Nomenclature. Il vous faudra peut-être un minimum d’explications pour lancer vos premières recherches.

Succinctement : cette codification permet, sur un produit donné et en fonction de son pays d’origine, de déterminer les mesures règlementaires applicables à son importation, selon la législation douanière de l’UE. Et notamment de connaître :

  • Le taux de calcul des droits de douane – il peut être plus ou moins élevé, bénéficier de préférences tarifaires, voire de conditions suspensives, selon des accords entre nations ;
  • La TVA applicable sur le produit ;
  • Les mesures de prohibition et de restrictions à l’importation ;
  • Les mesures anti-dumping ;
  • Etc…

Comme expliqué au chapitre « Anticiper pour éviter les mauvaises surprises à l’arrivée », il est préférable de définir les codes douaniers en amont des opérations d’importation, pour garantir un juste calcul des droits et taxes et éviter un blocage en frontière des marchandises. Si vous laissez votre déclarant en douane codifier lui-même vos produits, vous vous exposez à des erreurs de classement, surtout si vous ne maîtrisez pas la déclaration douanière d’importation du fait du choix de l’Incoterm® (achat à l’arrivée par exemple – DDP). Les erreurs peuvent coûter cher !

Faites-vous aider par votre service technique, votre service logistique ou votre référent en douane. Engagez une réflexion collective. Et si votre produit ne correspond pas exactement aux nomenclatures existantes, n’hésitez pas à formuler une demande de RTC (Renseignement Tarifaire Contraignant) auprès de la douane. Ses agents vous guideront dans la démarche (gratuite) et vous aurez en finalité la certitude d’un produit correctement positionné, juridiquement irréprochable.

 

L’origine du produit : choisissez bien le pays de votre fournisseur

Avec l’espèce tarifaire, l’origine du produit constitue le binôme indissociable pour la définition des droits de douane en vigueur et l’application des mesures règlementaires de l’UE.

Soyez vigilants sur cet aspect de votre prospection. Lorsqu’un fournisseur étranger vous propose des prix attractifs, vérifiez les droits applicables à l’importation sur le produit ET sur le pays de ce fournisseur potentiel. Tenez-vous également informés des recommandations ou éventuelles restrictions relatives à ce pays… elles seront déterminantes dans vos choix.

Votre référent en douane ou toute autre personne en charge des questions de logistique et de transport international, pourront vous communiquer ces informations à partir de RITA (voir chapitre précédent), rubrique Réglementation. Pour une fiabilité de la recherche, pensez d’abord à déterminer le bon code douanier.

N’hésitez pas à faire des simulations, des comparaisons avec les fournisseurs d’autres pays. Nous avons vu dans le chapitre « La douane : des missions économiques et fiscales… aussi » que les pays tiers font l’objet de taxations différentes selon les directives de l’UE.

Maîtriser le binôme espèce tarifaire/origine vous fera bénéficier d’éventuelles préférences tarifaires, qui pourront impacter favorablement votre propre prix de vente. Cette maîtrise sera également garante d’un dédouanement rapide de vos marchandises.

La valeur en douane

Voici pour terminer, le dernier élément du trio à maîtriser.

Prenez la valeur d’achat de vos biens, ajoutez-y les frais de transport et d’assurance jusqu’au 1er point d’entrée en Union Européenne… vous obtenez la valeur en douane, l’assiette de calcul des droits de douane.

Cela sous-entend que le prix du transport international facturé, impacte directement le calcul des taxes à l’importation.

Il est donc tout aussi important de maîtriser vos coûts de transport et de logistique. Là encore, n’hésitez pas à anticiper en lançant des appels d’offre, à comparer les solutions technico-économiques des différents prestataires. Au besoin faites-vous conseiller, l’expérience faisant souvent la différence.

 

Qu’avez-vous à déclarer ? C’est agaçant n’est-ce pas ?!… Qu’on le veuille ou non, cette étape est incontournable. Au-delà de ce passage douloureux (ou pas) pour le portefeuille, c’est la sûreté du territoire qui est en jeu. Eh oui !  Alors, réussir son dédouanement est la garantie d’une mise à la consommation sans souci ultérieur pour l’entreprise.

 

Etre un importateur responsable

Le thème de l’importation est dense et ne peut se résumer à ce simple article. Les sujets qui y ont été abordés sont des fenêtres ouvertes sur un vaste processus organisationnel, issu de directives et de règlementations communautaires et internationales. Marquage CE, certifications, documents de transport, emballage, assurances, … autant de sujets qui pourront faire l’objet de prochaines publications.

Votre expérience d’importateur vous fera découvrir, si ce n’est déjà le cas, toute la diversité des opérations liées à chaque étape de la chaîne logistique. En comprendre et maîtriser les mécanismes, vous aidera à optimiser et sécuriser vos achats hors UE.

Pour conclure, je préciserai que l’importateur est responsable de la mise en circulation des produits sur le marché français. L’enjeu est de taille pour l’entreprise importatrice. Toutefois, bien guidée, formée et informée, elle fera de ces opérations une totale réussite pour elle-même et pour l’ensemble du tissu économique national.

Importer n’est vraiment pas un acte anodin…

 

Chers lecteurs, je vous souhaite à tous, ainsi qu’à vos proches, d’excellentes fêtes de fin d’année.

 

Chantal CHAMPELOVIER

Sources :

  • Magazine Classe Export,
  • Madeleine Nguyen-The – International Pratique
  • Cadre de normes SAFE

Le Transport : un maillon faible ?

Le transport se situe tout au bout de la chaîne logistique. Il est le dernier maillon vers le client final et également un maillon intermédiaire vers les zones de stockage.
Il mérite que l’on s’y attarde, car il est générateur de risques… et la maîtrise des risques est un élément fondamental de la stratégie des entreprises.
Un transport réussi est un client satisfait. Un client satisfait véhicule une image positive de votre entreprise. Et vous entrez ainsi dans le cercle vertueux des fournisseurs incontournables.

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